La répression des bandes (work in progress)
Ah, la
répression des dégradations commises en bande... Quelle
belle synchronicité de l'Elysée avec une tendance très probable à
la rédicalisation des mouvements sociaux dans les temps qui
viennent. On peut dire qu'une fois de plus, Nicolas Sarkozy a le
nez creux.
Car enfin, comment répondre à la frustration et la colère des
salariés qui sont licenciés alors que les capitaines d'industries
(parfois dirigeants de l'entreprise qui débauche) se paient
grassement en stock-options ? On peut comprendre que certains
croient y voir une injustice. On peut comprendre que certains
croient pouvoir en concevoir un certain malaise (que les
journalistes trotsko-marxistes qualifient aussitôt de
"social").
C'est faire fi des
hiérarchies entre les hommes et entre les catégories
sociales. Combien de richesses auront créé les Jean-Marie
Messier, Thierry Morin, Baudouin Prot ou Daniel Bernard,
Noël Forgeard, Serge Tchuru ou Jean-François Roverato ? Aucune
comparaison possible avec le coût des graisseux qui triment dans
leurs usines, et qui demandent à bénéficier de la Sécurité
Sociale dès que leur petite dernière a la varicelle, alors qu'un
salaire leur est déjà versé chaque mois par l'entreprise
nourricière et sacrificielle.
Dans cette optique, n'est-il pas totalement
normal qu'un gestionnaire s'attribue de confortable bonus quand
il est débarqué pour mauvaise gestion, quand un salarié qui n'a
jamais démérité en 30 ans doit pouvoir être librement licencié du
jour au lendemain ?
Donc, que les choses soient claires, une fois pour toutes : on
peut se comporter comme le dernier des pirates quand on est
cinquantenaire, qu'on porte une cravate et qu'on comprend un
bilan de plusieurs centaines de pages. On peut se renvoyer des
ascenseurs et se targuer d'appartenir à une "élite".
En revanche, quand on n'a rien qu'un BEP dans le meilleur des
cas, qu'on porte des baggy ou des survêtements, et qu'on ne sait
rien faire d'autre que retrouver ses potes le soir en bas
des immeubles, on ne peut prétendre faire partie d'une
bande.
Là où les premiers sont et resteront récompensés par de
confortables primes (au besoin ponctionnées dans
les milliards que l'Etat consacre au maintien de la santé de
nos banques et de nos fleurons industriels), les seconds doivent
être criminalisés même s'ils n'ont à proprement rien fait.
Uniquement pour leurs mauvaises fréquentations. Pour leur manie
de courir dans les rues avec des barres de fer dans les
mains (leurs parents ne leur ont-ils donc jamais dit qu'ils
risquaient de se blesser s'ils tombaient ?).
La "vertu par l'exemple", voilà bien une foutaise socialiste, que
l'intelligentsia du Fouquet's a su faire tomber.
De tous temps, le pouvoir a lutté contre les concepts suversifs de « réunion » et de « manifestation », tant il est vrai que la populace ne devrait se « réunir » qu'à l'occasion d'une victoire électorale umpiste ou d'un récital de Mireille Mathieu, à l'exclusion de tout autre motif.
On connaît l'antique interdiction des chants séditieux. On connaît surtout l'interdiction des groupements troublant l'ordre public (celle qui permet de se débarrasser des bandes de faucheurs d’OGM ou des militants du DAL, tous de dangereux terroristes qui pourraient tout aussi bien saboter des caténaires, assassiner des familles entières à coups de machette, précipiter des gros porteurs contre la Défense ou se faire exploser aux Galeries Lafayette), ou encore des manifestations portant atteinte à la dignité de l'Etat.
On connaît également
la plus récente interdiction des réunions sur toute musique
répétitive (de type "rap" ou "techno", ces arts
dégénérés qu'on appelle des "mouvements
culturels").
On connaît encore l'interdiction de regroupement en bas des
immeubles de zones périurbaines (que l’odieuse bien-pensance de
gauche a empêché d'assortir de la légalisation des dispositifs à
ultra-sons).
Voici donc maintenant une très belle réforme qui permettra non seulement de réprimer indisctinctement des citoyens pour des actes qu’ils n’auront pas forcément commis personnellement (mais après tout, qui s’embarrasse encore des principes du droit pénal dans ce pays ? Certainement pas ceux qui votent des « rétentions de sûreté » post peine, fort heureusement), mais aussi d'incriminer tout manifestant sous prétexte qu'à l'arrière du cortège, d'odieux casseurs dévastent des parcmètres et des vitrines.
Quand Chérèque et Thibault seront emprisonnés grâce aux conneries des barbares encagoulés qui font l'apologie de l'anti-france dans leurs chansons de "hip-hop", on comprendra tous les bienfaits de cette saine initiative élyséenne.
D'ailleurs on sait bien, à l’Elysée, qu'une bonne réforme est toujours une réforme capricieuse décidée sous le coup de l'émotion et imposée d'en-haut sans considération pour les réalités du terrain.
Et puis, notez au passage que le Président de la République règle ainsi ses comptes avec les sauvageons, que dis-je, avec la racaille, que dis-je, la vermine, que dis-je, les sous-hommes qui avaient osé défier le ministre de l'Intérieur en 2005, en mettant le feu à un nombre incalculable de voitures, de poubelles et de petites vieilles.
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