Réformer les institutions pour sauver la croissance

Published by: Jean-Amédée Martel on 18th Mar 2009 | View all blogs by Jean-Amédée Martel
La gravité de la crise économique invite à des réformes urgentes et de grande ampleur. La coordination internationale, condition nécessaire de la réussite de ce grand projet, impose à la Bravepatrie de mobiliser toutes les ressources de son immense génie pour proposer au monde des solutions innovantes et vertueuses.

Il viendra à l'esprit de tout économiste que les élections sont des jours et des points de croissance perdue pour notre économie bravepatriote.

En effet, par l'effet de l'un de ces archaïsmes dont les droitdelhommistes ont le secret, le croirait-on, il convient de se rendre soi-même et en personne mettre un petit bout de papier dans l'urne à chaque élection : impossible d'y envoyer son valet, ou même d'adresser son vote par fax ou e-mail. Pire encore, il convient fréquemment de réaffirmer son choix la semaine suivante et par l'exat même procédé ! Tout ceci n'est pas très ISO9000. Et je ne parle même pas de ce procédé de comptage archaïque manifestement conçu des des juristes procéduriers en mal d'emploi consistant à dire que c'est celui qui intimidera le plus l'autre avec son code pénal qui aura qualité pour donner le détail du résultat de l'élection.

Et pendant que ces crypto-socialistes de juristes pinaillent, notre économie souffre !!! Tous ces jours perdus à se rendre aux urnes sont autant de perspectives de dépenses et de croissance perdues ! Par exemple, comment notre économie rattrappera-t-il ce week-end à Deauville que vous-même et votre exquise épousée ne prendront pas pour sacrifier au devoir citoyen ?

Vous me direz, avec quelque raison, que la majorité des votants sont des pauvres, et donc, que les faire voter ne coûte rien à l'économie puisqu'ils ne dépensent rien et que ça leur fait tellement plaisir. C'est vrai : mais ce contresens commun chez les meilleurs patriotes nous aveugle : ce n'est pas de l'argent que n'ont pas les pauvres que nous attendons notre tournedos rossini quotidien, mais de leur travail : ce travail qu'ils ne produiront pas en se rendant aux urnes ! Essayez de trouver un bon faisan à Deauville un dimanche d'élection et vous verrez : tous les cuisiniers et travailleurs de quelque valeur, évidemment bons citoyens, se rendent aux urnes plutôt que de servir la Bravepatrie.

A l'heure d'internet, de la banque totalement virtuelle et du téléphone mobile, de tels archaïsmes sont révulsants. Imaginerait-on un monde dans lequel, avant de passer un simple coup de fil, il faudrait choisir son fournisseur d'accès à la modernité : que nenni. Depuis longtemps, nos fournisseurs nous proposent une formule simple : l'ABONNEMENT !

Pour éviter la tragédie électorale dont je viens, je crois, d'établir l'ampleur, je suggère donc de permettre et d'inciter chaque Bravepatriote à prendre un abonnement électoral d'une durée minimale de douze mois et idéalement, d'un quinquénat. Chaque parti politique agréé serait libre de définir sa stratégie commerciale et notamment, de récompenser la loyauté de ses soutiens, c'est à dire, de ses clients, par exemple, par des coupons de réduction chez les entreprises partenaires (week-end à Deauville, repas chez Migros, etc.). Ainsi pourrait-on, avec le temps, et grâce aux avantages des cartes de fidélité électorales, espérer petit à petit voir l'ensemble des bravepatriotes renoncer à cette pratique désuète, stérile, et nuisible à la croissance qu'est la participation aux élections, pour le plus grand bien de notre économie.

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